FESPACO 2017 : le Burkina à la recherche d’un troisième Etalon d’Or

Tilaï et Buud Yam respectivement d’Idrissa Ouédraogo (1991) et de Gaston Kaboré (1997) sont les seuls films burkinabè ayant remporté le prestigieux Étalon d’or de Yennenga. Pour cette édition trois réalisateurs vont tenter relever le défi en donnant à la capitale du cinéma africain son troisième trophée.

Après Idrissa Ouédraogo en 1991, Gaston Kaboré (photo) a remporté l’étalon de Yennenga en 1997.
Après Idrissa Ouédraogo en 1991, Gaston Kaboré (photo) a remporté l’étalon de Yennenga en 1997.

En 48 d’ans existence du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), seuls deux Burkinabè ont pu remporter le plus grand prix du festival à savoir l’Etalon de Yennenga. Le dernier Étalon de Yennenga, remonte d’ailleurs en 1997. C’était le film Buud Yam de Gaston Kaboré.

Depuis aucun burkinabè n’a encore soulevé ce trophée. J’ai eu l’occasion d’échanger, au Fespaco 2009, avec un grand réalisateur burkinabè. Je lui demandais pourquoi depuis 1997, aucun burkinabè n’a réussi cet exploit. Selon lui, avoir l’Étalon de Yennenga n’était pas une priorité. Et cela ne signifie surtout pas que les réalisateurs burkinabè ne sont plus bons ou compétitifs. Loin de là ! « Et puis, on organise pas le Fespaco pour remporter le prix », m’avait-il répondu. Et c’est vrai.

L’espoir du Burkina fondé sur trois réalisateurs

Mais le public cinéphile burkinabè aimerait encore voir un compatriote se hisser au sommet du cinéma africain. Je trouve que ce ne serait pas mauvais. Cette année, trois réalisateurs burkinabè vont à la conquête du plus grand trophée du Fespaco.  Tahirou Tasséré Ouédraogo compte sur « Thom » pour soulever l’Etalon de Yennenga cette année.

Déjà lauréat du poulain d’or en 2005, avec son court métrage « L’autre mal ». « Thom », c’est l’histoire d’une rencontre entre le fils d’un riche industriel et une prostituée. Né seulement trois ans avant la création du Festival (en 1969), Tahirou Tasséré Ouédraogo est un candidat à la succession de Gaston Kaboré.

La deuxième candidate, Apolline Woye Traoré présente « Frontières ». C’est l’histoire de trois dames qui se rencontrent au cours d’un voyage en bus. Le voyage est difficile mais le film met aussi l’accent sur la beauté du paysage sahélien.

Frontières d’Appoline Traoré très attendue

La troisième œuvre burkinabè en compétition, « La forêt de Niolo» est celle d’Adama Roamba. Ce cinéaste a appris le métier aux pieds de grands noms du cinéma africain comme Dany Kouyaté et Gaston Kaboré. « La forêt de Niolo », est l’histoire d’une forêt riche en ressources naturelles dont l’exploitation va générer un conflit. Le meurtre d’un des défenseurs de l’environnement va entrainer une marche des femmes dans la capitale.

Les espoirs du peuple burkinabè se fondent sur les trois cinéastes pour nous ramener le prestigieux prix de l’Etalon de Yennenga. Ce prix est le symbole de la meilleure œuvre cinématographique de la compétition officielle du Fespaco. C’est une statuette matérialisée par une guerrière avec une lance à la main sur un cheval. Il tire son sens d du mythe fondateur de l’empire des Mossé, ethnie majoritaire au Burkina Faso. C’est également « l’identité culturelle africaine, que les cinéastes à travers leurs créations doivent contribuer à maintenir bien vivante ».

Judicaël Gaël Lompo

Blog L’enfant du pays

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