Cinéma africain : les acteurs au bas de l’échelle

Au centre de l’industrie du cinéma, le comédien est paradoxalement l’un des acteurs de la chaîne, qui se trouve être le moins rémunéré, le plongeant dans une situation pas reluisante. Si certains arrivent à tirer leur épingle du jeu, d’autres par contre rasent le mûr pour parvenir à joindre les deux bouts.

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« La vie d’un acteur qui compte sur le cinéma, c’est la croix et la bannière ». C’est ainsi que le comédien Saturnin Milla peint la situation des comédiens burkinabè. Il justifie sa position par la rémunération non conséquente qui leur est servie. Pour avoir joué dans de nombreux films, cet acteur confie qu’ils sont parfois rémunéré à 100 mille fois que certains films peuvent leur rapporter la somme de 100 000 F Cfa. Pour d’autres, ils tournent gratuitement. « Ça dépend du film », dit-il.

Pour lui, le vrai problème se situe au niveau des réalisateurs qui ont une tendance à les exploiter. « Ce qui est récurrent, lorsque quelqu’un veut faire son film, il te brandit l’argument du manque d’argent. Il te dit qu’après on verra. Une fois le film terminé, c’est fini, tu ne le verras plus », explique-t-il. 

Pourtant, l’acteur est au centre au film. Sans lui, un scénario ne peut être mis en œuvre. « Si tu fais ton scénario ; tu arrêtes le dialogue. Tu (ne) vas pas te pointer avec ta caméra dans le vide et commencer à filmer ! Il te faut des acteurs », poursuit Saturnin Milla.

L’autre fait est également l’appropriation complète du secteur par certaines personnes, détenant en même temps les casquettes de réalisateurs, d’acteurs, de producteurs et parfois de monteurs ce qui ne facilite pas la tâche à ces personnes qui sont devant la caméra. L’acteur ivoirien, Stéphane Zabavie, ne se décourage pas pour autant. « Les difficultés, dans quelconque domaine on les trouve mais il faut faire avec », affirme-t-il.

Cette question des acteurs est donc à prendre en compte avec acquitté. Et c’est en ce sens que la mesure du Bureau burkinabè des droits d’auteurs, visant à mettre en place un fond de soutien à la disposition des artistes âgés de plus de 55 ans est à saluer. Au-delà, il faudra épurer un tant soit peu le secteur afin de permettre l’épanouissement de ces personnes, les plus impliquées dans l’industrie du cinéma.

                                                                           Martin KABA

Regard sur le monde

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